Il existe des moments dans la vie où tout semble se déplacer sans prévenir.
L’extérieur continue comme si de rien n’était, mais à l’intérieur, quelque chose se décale.
On ne se reconnaît plus dans ce qui nous animait.
On sent une page qui se tourne, même si rien n’a commencé officiellement.
On a l’impression d’être “entre deux”.
Ces périodes de transition ne sont pas des accidents.
Elles ne sont pas des failles.
Elles ne sont pas des moments où vous êtes “perdue”.
Ce sont des passages.
Des espaces suspendus où l’ancien n’est plus, et où le nouveau n’est pas encore révélé.
Des seuils.
Des portails.
Des zones de maturation intérieure.
Dans cet article, vous allez découvrir :
- les signes d’un passage,
- pourquoi ces périodes sont aussi inconfortables qu’essentielles,
- les 7 repères qui peuvent vous guider,
- comment ne pas vous précipiter vers une fausse direction,
- et comment avancer, un pas après l’autre.
Reconnaître que vous êtes dans une période de transition
Beaucoup de femmes me disent :
“Je ne comprends pas ce qui m’arrive.”
“Je me sens vide, alors que tout va bien.”
“Je suis attirée vers quelque chose, mais je ne sais pas quoi.”
“Je ne me retrouve plus dans ma vie actuelle.”
Ce qu’elles décrivent corresponde exactement à la mécanique d’un passage.
Voici les signes les plus courants :
1. Le flou intérieur
Vous ne savez plus ce que vous voulez. Votre ancien mode de fonctionnement ne vous correspond plus.
2. L’essoufflement
Même les tâches simples deviennent lourdes. Votre énergie se retire de ce qui est terminé.
3. Le décalage
Vous vous sentez ailleurs. Comme si votre vie actuelle n’était plus votre vie intérieure.
4. L’absence d’envie
Ce qui vous motivait autrefois ne provoque plus rien.
5. L’appel du nouveau
Une sensation discrète, presque inaudible… mais présente. Ces signes ne sont pas des obstacles : ils sont la preuve que quelque chose se prépare.
Pourquoi les transitions sont inconfortables
Une transition n’est pas inconfortable parce que vous êtes “perdue”.
Elle est inconfortable parce que vous êtes en décomposition et recomposition intérieure.
Elle vient toucher :
- votre identité,
- vos repères,
- vos croyances,
- votre rythme,
- votre rapport au sens,
- votre façon de décider,
- votre confiance en vous.
L’inconfort n’est pas là pour vous punir. Il est là pour vous inviter à vous réorienter.
Une transition est un désalignement fertile : la vie vous retire ce qui n’est plus pour vous, même si rien n’est encore venu le remplacer.
Les 7 repères pour avancer plus sereinement
Il existe des repères simples, doux, accessibles, que l’on peut activer même quand on se sent dans la brume.
Voici ceux que je transmets le plus souvent dans mes accompagnements.
1. Le repère du flou accepté Le flou devient douloureux quand on essaie de le contrôler. Lorsqu’on l’accepte comme une étape, il cesse d’être une menace. Il devient un espace. Un souffle. Un terrain neutre où quelque chose peut émerger 👉 “Je ne vois pas encore clair. Et c’est normal.”
2. Le repère du corps
Votre corps sait avant vous.
Il se contracte quand une direction n’est pas juste.
Il se détend quand quelque chose correspond à votre vérité.
Écoutez :
- où ça se serre,
- où ça respire,
- où ça chauffe,
- où ça s’appaise.
Votre corps est votre premier guide.
3. Le repère des micro-élans
Dans les transitions, les grandes décisions ne fonctionnent pas. Ce qui fonctionne, c’est le micro-mouvement.
Un petit pas.
Une action infime.
Un appel.
Une lecture.
Un début.
Un ajustement.
Les micro-élans montrent la direction, pas à pas.
4. Le repère de la patience intérieure
Une transition est comme une pâte à lever :
avant qu’elle monte, elle repose.
Les périodes de “creux” sont nécessaires.
Ce sont des phases d’intégration, de digestion, de maturation.
La patience n’est pas passivité.
La patience est une participation silencieuse.
5. Le repère de l’énergie
Ce qui vous épuise vous informe.
Ce qui vous nourrit aussi.
Même sans comprendre pourquoi, observez :
👉 Qu’est-ce qui me donne de l’énergie ?
👉 Qu’est-ce qui m’en enlève ?
Vous pouvez tout ignorer —
sauf votre énergie.
6. Le repère du soutien
On ne traverse pas les passages en force.
On les traverse en s’appuyant sur :
- un regard extérieur,
- une écoute douce,
- un espace pour se déposer,
- un miroir neutre.
Se faire accompagner n’est pas un aveu de faiblesse.
C’est un acte de maturité.
7. Le repère de la clarté progressive
La clarté n’arrive pas d’un coup.
Elle se dépose par couches.
D’abord, une sensation.
Puis une image.
Puis un mot.
Puis une direction.
Puis une évidence.
La clarté est vivante.
Elle se révèle à mesure que vous vous retrouvez.
Comment éviter de se précipiter vers une “fausse issue”
Quand une transition est inconfortable, on veut en sortir vite.
Alors on :
- accepte une opportunité par peur du vide,
- prend une décision à l’envers,
- revient vers l’ancien,
- choisit une voie rassurante,
- occupe son mental,
- remplit son agenda,
- se force à produire.
Mais ces “sorties de secours” ne résolvent rien.
Elles retardent la transformation.
Pour éviter cela, demandez-vous :
👉 “Est-ce que je choisis cette direction pour me soulager… ou parce que c’est juste ?”
Une fausse issue soulage le stress.
La vraie issue apporte une évidence.
Avancer un pas après l’autre
Vous n’avez pas besoin de savoir où vous allez pour avancer.
Vous avez seulement besoin de savoir :
👉 quel est le prochain petit pas juste.
Voici des exemples de pas simples :
- écrire ce que vous ressentez,
- clarifier ce que vous ne voulez plus,
- faire de la place dans votre agenda,
- demander de l’aide,
- tester une nouvelle activité,
- dire non à une chose qui ne vous correspond plus,
- vous offrir un moment de silence.
Avancer, ce n’est pas aller vite.
Avancer, c’est rester en mouvement.
Les passages ne sont pas des détours : ce sont des naissances
Une transition n’est pas un moment où vous perdez votre chemin.
C’est un moment où votre ancien chemin cesse de vous porter.
Vous n’êtes pas coupée de votre direction.
Vous êtes en train d’en changer.
Les passages ont une vocation :
vous préparer à la suite.
Ils ouvrent de l’espace.
Ils font remonter ce qui doit être vu.
Ils vous ramènent à l’essentiel.
Ils vous invitent à vous écouter autrement.
Ce n’est pas un effondrement.
C’est une mue.
Une naissance intérieure.
Une ouverture.
Un réalignement.
Conclusion : avancez doucement, mais avancez
Vous n’avez pas besoin de tout comprendre pour faire un pas.
Vous n’avez pas besoin d’être sûre pour commencer.
Vous n’avez pas besoin d’un plan parfait pour changer de trajectoire.
Vous avez seulement besoin d’écouter :
- votre corps,
- votre énergie,
- vos élans,
- vos micro-vérités.
Les passages sont des invitations à revenir à soi.
À se déployer différemment.
À s’ajuster.
À s’ouvrir.
À se rencontrer à nouveau.
Et au fond, ce que cette période vous demande, ce n’est pas de réussir votre transition.
C’est de vous accompagner dedans avec douceur, lucidité et présence.
Le reste se révélera en avançant.
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